HomeStatutsProgrammeRèglementMessagesDirectionCotisationClause de non-responsabilitéLiensContactIndex Documents

StartStatutenProgrammaReglementBerichtenBestuurLidgeldDisclaimerLinkenContactIndex Documenten

 

Lettre ouverte aux présidents des syndicats médicaux et à tous les médecins de Belgique

 

27.08.2006

 

Les espoirs d’une troisième voie syndicale pour la défense de la médecine sont déçus.

Le Ministre a jugé, sur base de critères très stricts, que l’on ne retrouve d’ailleurs pas dans d’autres professions, qu’un syndicat médical doit pouvoir être bi-communautaire, pluridisciplinaire et pouvoir faire la preuve de 1500 adhésions, ce qui, dans un petit pays comme le nôtre où le degré de syndicalisation est faible chez les médecins, condamnait presque d’office l’Alliance SVH-DOMINO, composée notamment du Syndicaat van de Vlaamse Huisartsen, le syndicat généraliste le plus puissant de Flandre. Quelque part c’est un déni démocratique, car on ne peut pas parler dans ce cas de risque de fragmentation de la représentation syndicale.

 

Les médecins belges auront donc à choisir entre les deux syndicat déjà existants et représentés aujourd’hui dans les organes de négociations.

 

DOMINO, jeune syndicat aux idées nouvelles, proche des aspirations des médecins de la base, qu’il a pris la patience d’écouter, dont il a appris à traduire les craintes et les espoirs que la médecine de demain fait surgir, DOMINO est aujourd’hui rejeté dans le néant de la non-éligibilité. Ses membres pourraient se taire et laisser le terrain du débat aux deux « élus ».

Il n’en est rien.

 

Nous voulons participer à ce débat.

Nous voulons que le fruit de nos réflexions, qui prennent leur source dans les groupes de réflexion, tels que ceux trouvés sur les forums de discussion (Action Santé, MG-Action), alimentent les discours et articles qui ne manqueront pas de surgir avant les élections. Nous voulons que nos réflexions et les pistes que nous traçons servent à faire avancer les négociations futures dans le sens espéré par un grand nombre de médecins, particulièrement ceux qui exercent l’acte médical intellectuel. Ceux-ci sont trop souvent aujourd’hui les victimes de la technologisation à outrance de la profession. Les médecins généralistes sont de ceux-là et demandent instamment que les conditions de leur métier changent du tout au tout dans les années à venir. Il en va de la sauvegarde de ce métier.

 

Les motifs de craintes et de mécontentement sont nombreux.

Nous désirons d’abord que les contraintes d’ordre administratif soient supprimées. Que le médecin, spécialiste comme généraliste, ne devienne pas avant tout un scribe et un technicien, alors que la profession se caractérise avant tout par une relation humaine de confiance réciproque entre un patient et son médecin, à travers un colloque singulier sublimé par l’écoute, l’examen clinique, le conseil, l’éducation sanitaire.

 

Qu’on nous simplifie la tâche par une simplification des certificats et des attestations de soins.

Qu’on nous simplifie la tâche en supprimant ces complications de plus en plus subtiles qui accompagnent la prescription de médicaments dits « coûteux » à nos patients : multiplication des demandes aux médecins-conseils qui de toute évidence ne nous enlèvent pas la responsabilité de nos actes, nécessité absolue de transcrire au dossier médical les moindres détails pouvant justifier nos prescriptions. Ici, il nous faut souligner que le dossier médical, aide efficace et indispensable pour la qualité de notre travail, est devenu petit à petit un outil de défense professionnelle face aux multiples contrôles qui nous menacent.

Déjà vu sous cet angle, nous ne pratiquons plus la profession que nous avons embrassée après de longues années d’études et de formation continue. Nous ne sommes plus essentiellement des praticiens de l’art de guérir. Nous devenons les tâcherons  d’une société de plus en plus bureaucratique.

 

Que l’on arrête de faire peser sur nous l’épée de Damoclès des contrôles sur nos prescriptions.

Aujourd’hui le médecin a peur, non seulement dans son intégrité physique, à l’image d’ailleurs de nombreux professionnels de notre société, face à l’insécurité ambiante, mais également peur d’être considéré comme un ignare, comme un abuseur des finances publiques, et enfin d’être puni comme un voleur ou un malfaisant.

Il est temps de valoriser notre image de médecin et particulièrement de médecin de famille.

Nous nous sentons responsables de l’état de santé des patients qui nous font confiance.

Nous nous sentons aussi responsables des moyens mis en œuvre par les pouvoirs publics pour nous aider à mieux soigner nos patients.

Par neuf années d’études et par une formation continue qui commence dès le lendemain du diplôme jusqu’au jour de la retraite, nous acquérons des connaissances de plus en plus pointues. Jamais les médecins généralistes n’ont acquis un tel savoir. Et pourtant, leur image passe mal.

Il faut restaurer cette image aux yeux des politiciens, des mutuellistes et dans les médias.

Il faut arrêter ces contrôles tâtillons et ces « fausses évaluations » qui s’appliquent pour les moindres déviations par rapport à des recommandations pratiques qui ont été coulées en texte de loi, alors qu’elles sont des aides pertinentes dans une pratique où l’esprit de nuance s’accommode mal d’un hypercartésianisme traduit en texte de loi.

 

Arrêtons aussi de penser que si un jour une jeune femme ou un jeune homme s’est lancé dans une profession médicale, particulièrement en médecine générale, c’est pour accepter de s’offrir corps et âme à 100% à ce métier.

Le médecin s’est souvent considéré par la passé comme un être indispensable, disponible à l’envi et donc surinvesti d’une énergie, d’une science et d’une résistance à toute épreuve.

Les temps ont changé. Comme dit plus haut, la profession est devenue trop stressante et contraignante devant la triple exigence, celle du patient plus informé et impatient, celle du politicien soucieux de ses deniers et celle de l’universitaire qui n’imagine pas que nous puissions être en retard sur les nouvelles acquisitions de la science médicale.

 

Les temps ont changé. La profession se féminise. Les plus jeunes, quel que soit leur sexe, ne considèrent plus qu’une profession, surtout celle que nous connaissons aujourd’hui, prenne le pas sur la famille, les loisirs, bref sur l’équilibre mental de celui qui l’exerce.

 

Il est temps que la médecine, particulièrement la médecine générale, retrouve des accents humains, en concordance avec le mode de vie actuel. Point n’est question de perte de responsabilité, ni de laisser-aller ni de fainéantise. Nous n’avons pas accepté d’être généraliste pour devenir esclave ni objet de consommation à délivrer, comme une pizza, fraîche et efficiente pour nos palais, au moindre claquement de doigt, pour le simple plaisir du consommateur-patient.

Il n’est donc plus question qu’un médecin, pour pouvoir accéder à des revenus dignes de sa formation et de ses responsabilités, accepte de travailler plus que n’importe quel citoyen.

Il n’est donc plus question qu’un médecin, parce que la culture loco-belgo-nationale l’exige, accepte de travailler plus qu’il n’en est capable.

 

Finies les gardes de continuité des soins à n’importe quel prix, énergétique s’entend. Ce service est UN PLUS accordé à la population, considéré depuis des temps immémoriaux comme strictement normal et inhérent à la profession.

Nous ne revendiquons pas le droit de supprimer aux personnes sur le territoire belge un accès aux soins urgents en dehors des heures habituelles de travail. Nous demandons que ces gardes soient organisées autrement. Qu’elles ne soient pas la cause de sentiments d’insécurité, source d’angoisses épuisantes, qu’elles ne soient pas la cause d’un surmenage mettant en danger l’équilibre physico-mental du professionnel de la santé. Un médecin de garde de week-end travaille douze jours d’affilée, avec à la clé trois à quatre nuits de disponibilité. Personne, aucun syndicat n’accepterait de telles conditions, d’ailleurs contraires aux lois sur la durée du travail hebdomadaire. Il faut donc assouplir les « habitudes », car ce ne sont pas toujours des lois évidentes qui dictent de tels devoirs aux médecins généralistes actuels.

Il faut:

  • supprimer l’obligation de déplacement pendant les gardes, en favorisant la consultation plutôt que la visite au domicile du patient, quitte à créer des conditions de déplacement facile pour les patients qui n’ont pas les moyens ou ne sont pas en état de se déplacer.

  • supprimer l’obligation de prester entre 22hoo et 8hoo pour ceux qui ne se sentent plus capables de le faire, en impliquant les services d’urgence hospitaliers et extra-hospitaliers.

  • diminuer le nombre de prestations de gardes en fusionnant les secteurs actuels, sous les conditions ci-dessus et en créant éventuellement là où c’est possible des maisons de garde où des consultations sont ouvertes le soir (16-22hoo – au-delà, ce n’est plus rentable) et le week-end.

  • progressivement arriver à professionnaliser la garde de continuité des soins sur base d’un volontariat, mieux rémunéré, renforcé par un corps de médecins généralistes qui s’en feraient une spécificité.

 

C’est ici l’enjeu de la politique médicale des prochaines années. La pyramide d’âge de la profession se rétrécit à sa base et s’élargit à son sommet. Manque de sang neuf. Toutes les contraintes et les responsabilités reposent sur des acteurs qui tendent à vieillir et à ne plus supporter les conditions actuelles de travail.

  •   Il faut que des jeunes réinvestissent notre profession.

  •    Il faut recréer les conditions qui le permettent.

Une profession à visage humain, avec un minimum de contraintes décourageantes.

 

Nous, membres de DOMINO, demandons aujourd’hui, à quelques jours des élections, quel syndicat éligible (ABSYM, particulièrement sa branche généraliste AMF, ou GBO) peut nous promettre d’œuvrer dans le futur pour réjoindre nos aspirations.

 

DOMINO

 

Notre programme :      http://www.dominosyndicat.be/programme.htm

Les dossiers de MG-Action qui nous paraissent essentiels pour le futur de notre profession:

Les dossiers sur les gardes, sur la responsabilité des prescriptions et les contrôles peuvent être obtenus en envoyant un mail à ca@mg-action.be

                Regardez avec / kijk met 1280 x 1024         webmaster: dominosyndicat@telenet.be         © Domino vzw